mercredi 15 avril 2015

Une robe de printemps pour Anna


Pour sa sortie chez France-Loisirs, Anna change de robe, une toute légère, toute en joie avec un clin d'oeil à sa petite chouette...


Extrait :

Sur notre gauche, au creux des branches d’un chêne, une chouette suivait mon manège. Elle m’observait, curieuse, le corps tendu un peu de biais, la tête légèrement inclinée, les yeux ronds. J’ai ri. J’ai ri parce que je me tenais de la même façon qu’elle pour tenter de voir toute la longueur de l’autoroute, le corps tendu un peu de biais, la tête légèrement inclinée, les yeux ronds. La chouette était comme mon reflet dans un miroir, mon double dépouillé de son intellect, l’expression de ma curiosité, animale, nue, pure. Cette petite chouette reflétait mon présent : moi, toute à mon observation. Le reste, ma peur lorsque j’ai cru à une impasse, ma répulsion en contemplant l’autoroute, n’étaient que nuages qui passent, météo instable de pensées vagabondes, pluies à venir de points de vue relatifs. Avant de remarquer cette chouette, je croyais que j’allais repartir mon sac alourdi d’un choix à faire, d’un jugement à établir : laquelle de mes deux perceptions de l’autoroute était la plus correcte ? L’autoroute trait d’union ou l’autoroute plaie ouverte ? Qui de l’économiste ou de l’écologiste allait avoir le plus de poids, le plus de droits ?
La chouette réorientait mon débat. Du haut de sa branche, elle l’élevait : sur le chemin, la question n’est pas de penser, mais d’arrêter de penser.
Arrêter de penser pour être à l’instant.
À cet instant, perchée sur mon rocher, j’étais l’enfant-chouette, j’étais la curiosité.

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